Ringarde, la cravate ?

« La cravate est le parfum du costume » dixit Balzac. Cet accessoire est en effet une pièce incontournable dans l’apparat des messieurs. Synonyme de classe et emblème incontestable du chic, la cravate apporte sa touche si singulière tout en prenant bien soin de refléter avec rigueur les goûts et les préférences de celui qui le porte. Morceau de tissu qui ne prend pas un dixième de la tenue, c’est pourtant lui qui sait attirer le plus les regards. Discret ou éclatant, il sait s’adapter à toutes les situations et se module au gré des humeurs… et des circonstances.

Quelle est l’origine de la cravate ?

La cravate est tellement unique que nombreux sont ceux qui veulent en revendiquer la paternité. Le règne de Louis XI aurait vu naître son ancêtre qui s’est matérialisé sous une collerette. Ce serait sous Louis XIII que la cravate telle que nous la connaissons de nos jours a fait son apparition. Et ce serait l’uniforme des croates lui aurait légué leur nom.

Leur costume était constitué d’un morceau d’étoffe noué autour du cou. Très appréciée par la gente féminine, ce fragment d’élégance résista même à l’abjection des Révolutionnaires.

Selon d’autres sources, l’appellation cravate serait un dérivé du mot carabatte qui désignait un collet porté par les Carabins qui étaient, soit dit en passant, des corps de cavaliers armés de pistolet, d’escopette ou de carabine.

Dans tous les cas, la cravate est un accessoire qui ne s’est jamais démodé et il est porté par tous les hommes à travers le monde et il n’a de cesse de véhiculer une image de prestance et de distinction.

La mode de la cravate

Les spécialistes de la mode s’accordent sur le fait que le port de cet accessoire a commencé à être en vogue dans le courant du dix septième siècle. La cravate remplace les jabots de dentelle. Elle se concrétise en une large bande de tissu tel que le lin ou la soie et elle s’orne de dentelle. Son port ne diffère pas beaucoup de celui d’aujourd’hui. Elle s’enroule autour du cou et se noue sur le devant en laissant pendre les deux extrémités.

Sous Louis XIV, la cravate se fait plus fantaisiste et s’agrémente de rubans de toutes les couleurs. C’est d’ailleurs le roi Soleil qui instaura la fonction de cravatier qui dépend des services de la chambre du roi. Le rôle du cravatier est d’abord de choisir le spécimen puis d’ajuster ce dernier sur le cou royal. Aujourd’hui, le terme « cravatier » désigne communément un fabricant ou une boutique spécialisé dans la cravate.

Depuis le dix neuvième siècle, la cravate ne cesse de prendre de la place dans le cœur des messieurs (et de toutes les nationalités s’il vous plaît !). Et malgré la controverse alimenté pendant la révolution qui voulait semer le doute dans les esprits quant au statut social lié à cet accessoire, ce dernier est de plus en plus populaire. Du côté français, les hommes s’essaient d’abord à la cravate bouffante tandis que les Anglais font de la cravate blanche aux noeuds complexes un accessoire culte. Ce dernier ne tarde d’ailleurs pas à traverser La Manche pour séduire les Français et ce, dans sa version noire. Mais la difficulté à nouer ce type de cravate était telle qu’apparaît la fameuse cravate « Régate » qui se rapproche de plus en plus du modèle contemporain. Et c’est en 1924 que le cravatier américain Langdorf eut le génie de couper la cravate en diagonale et de l’assembler en trois parties et confère ainsi à cet élément son aspect d’aujourd’hui.

Quelques décennies plus tard, dans les années 80, Pierre Cardin apporte de nouveau une touche de fantaisie à la cravate. Les aspects de cette dernière sont alors inspirés des fresques de peintres contemporains. La largeur de la cravate s’élargit considérablement pour atteindre 12 centimètres (notons au passage que cette mesure s’est stabilisée à 9.5 / 10 centimètres).

Au jour d’aujourd’hui, la cravate est une composante essentielle pour façonner l’élégance masculine. Elle prend désormais une dimension toute autre et peut se placer au même rang que les bijoux. Véritable moyen d’expression, elle se fait le devoir de se calquer au iota près à la personnalité de celui qui le porte. C’est ainsi que les designers sont très bien inspirés et certains spécimens peuvent être qualifiés de véritables œuvres d’art !

Les tendances

Out les motifs et les couleurs exubérantes ! La cravate se fait plus douce et plus raffinée. Les dessins sont menus, les couleurs sont chatoyantes sans tomber dans l’excès.

Les thèmes sont réservés et gracieux sans être mornes ou tristes. En ce qui concerne les matières, les plus nobles sont les plus appréciés. L’exquise Soie sous ses formes les plus délicieuses, la Grenadine et le Satin Duchesse sont les plus demandés.

La  cravate de qualité est réalisée à la main et pour pousser l’élégance à son paroxysme, elle s’assortit avec une pochette et des bretelles réalisées dans la même étoffe mais arborant un dessin différent et reprenant quelques unes de ses teintes.

Comment bien porter la cravate ?

La cravate est un élément essentiel pour faire effet. Messieurs, il ne faut surtout pas s’y tromper car on ne dispose que d’une seule tentative pour faire une première bonne impression !

Pour ce, il est important d’adapter rigoureusement la cravate à la situation qui se présente. Pour un entretien d’embauche, il est important de jouer la carte de la neutralité : ni tape à l’œil ni négligé mais juste ce qu’il faut ! Pour toutes les fois où nous rejoignons notre lieu de travail, il est important d’être sobre tout en étant très « mode ». Les couleurs à préférer sont le bordeaux et le bleu marine. Le nec plus ultra est d’associer un costume sombre avec une chemise et une cravate ton sur ton. Les cérémonies clinquantes sont les occasions pour laisser parler notre créativité car tout est permis !

Pour une tenue parfaite, la cravate doit toucher pile poil le milieu de la ceinture. Et attention, il ne faut JAMAIS porter une cravate rayée avec une chemise à pois ou rayée et de même, il ne faut jamais porter une cravate à pois avec une chemise rayée ou à pois. Enfin, la dernière goutte qui fait déborder le vase… de la classe, le nœud doit être bien centré et camoufler le dernier bouton de la chemise.